Claude Lorius, glaciologue

Par Claude Lorius, le 21 septembre 2014

 

Nous avons sonné l’alerte.
Tout a commencé pour moi lorsque, jeune étudiant, j’embarquerai en 1957 pour l’Antarctique dans le cadre de l’Année géophysique internationale  et irai vivre un an à trois dans la station Charcot de 20m2  enfouie sous les glaces. Je suis parti  pour l’aventure, la passion de la science est venue ensuite avec les campagnes d’exploration et les découvertes révélées par les « carottes » de glace remontant dans le temps. Il y a 30 ans nous avons montré que l’Homme est devenu le plus grand prédateur de l’environnement dans lequel il vit : nous sommes entrés dans l’Anthropocène, cette nouvelle ère gouvernée par l’Homme.

Les glaces polaires sont les sentinelles de l’évolution de notre climat et de l’environnement de notre planète.
Glaces et climat ont un destin commun. Couvrant des dizaines de millions de km², la planète blanche est à la fois un témoin et un acteur de l’évolution du climat. Un témoin puisque les glaces s’étendent en climat froid et régressent en climat chaud ; un acteur car, lorsque leur étendue change, elles vont renvoyer vers l’espace une part plus ou moins grande de l’énergie reçue du soleil, amplifiant ainsi les variations du climat. Avec son immense et fragile banquise, le réchauffement en Arctique est maintenant beaucoup plus élevé que dans le reste du monde, et les effets sont sensibles sur la vie des populations qui vivent là.

Quel monde demain pour les régions polaires ?
Les pays des pôles réagissent de façon différente aux impacts des activités humaines. En Arctique, ce sera l’exploitation des ressources naturelles et minérales à laquelle participent pays riverains et plus lointains, un dossier difficile pour Michel Rocard, notre ambassadeur des pôles, lui qui a contribué à la mise en œuvre du Traité de l’Antarctique consacrant ce continent à la paix et à la recherche. Le Traité pourrait être remis en question dans les années 2050 ; son avenir dépendra du choix de nos descendants qui, je l’espère, en feront le continent de l’espoir.

Et aujourd’hui
La lutte contre le réchauffement climatique est plus que jamais une priorité. On ne peut hélas que constater l’absence d’une nécessaire gouvernance internationale basée sur la solidarité et impliquant décideurs, politiques et citoyens. Une lourde tâche qui exige plus d’éducation et recherches, un changement des comportements et motivations de l’Homme. APECS-France est pour moi au cœur de ces défis. Que sauront relever les jeunes chercheurs.

 

Jean Jouzel, parrain d'APECS-France

Jean Jouzel

"J’ai commencé à étudier les glaces polaires au début des années 70, avec Claude Lorius et ses collègues grenoblois.  Je n’imaginais alors pas un seul instant que les recherches basées sur l'analyse des forages de l’Antarctique et du Groenland, auxquelles ont largement contribué les équipes françaises, auraient un tel écho. Je suis convaincu qu’il en sera de même pour certains des travaux dans lesquels vous êtes impliqués et je suis extrêmement heureux de votre motivation collective pour les régions polaires.  Je suis de tout cœur avec vous et heureux d’être votre parrain."

Jean Jouzel

 

Axelle Lemaire et Christophe Premat, députéS des Français établis hors de France (Europe du Nord)

Madame Axelle Lemaire et Monsieur Christophe Premat, députés des Français établis hors de France (Europe du Nord), nous ont apporté un précieux soutien dans le cadre de deux subventions au titre de leurs réserves parlementaires (Axelle Lemaire : 2014; Christophe Premat : 2016).